Texte: Maryse Deraîche

Photos: Sébastien Rioux

Une assiette garnie de poulet rôti, de frites croustillantes, de sauce onctueuse et de salade de chou bien croquante, n’est-ce pas là un plaisir gourmand du vendredi soir? Se faire livrer un repas cuisse après une dure semaine, voilà une façon simple d’atteindre le septième ciel. La famille Duhamel assure ce bonheur aux gens de Granby depuis presque 60 ans!

En exploitant un comptoir de livraison de poulets prêts à cuire à même leur résidence, les éleveurs de volailles Bernard et Jacqueline Duhamel étaient loin de se douter de l’ampleur que prendrait leur entreprise. Je suis allée rencontrer trois des membres de la famille Duhamel, Alain, Andrée-Anne et Jérémie, pour tout connaître de cet héritage familial.

Comment l’aventure des rôtisseries Duhamel a-t-elle débuté?

Alain : Mes parents étaient éleveurs de poulets et toutes les fins de semaine, mon père vendait des poulets prêts pour la cuisson. C’était le premier à faire cela, car au marché, on ne trouvait que des poulets entiers suspendus par les pattes.

Andrée-Anne : C’était avant-gardiste comme produit, le premier prêt-à-manger offert sur le marché!


Ils avaient un commerce, une boucherie?

Jérémie : Non, tout ça a commencé dans la « shed » de mes grands-parents.

A. : Je me rappelle que lorsque mon frère Claude et moi on était enfants, les clients venaient en arrière de la maison pour acheter des poulets.


Et ils offraient un service de livraison?

A. : Oui, mes parents avaient acheté une petite Coccinelle et mon père livrait ses poulets chaque lundi. En fait, la première salle à manger est apparue en 1987 seulement, la livraison a été la première façon de faire et elle restera toujours très
importante pour la famille Duhamel.

 

Et maintenant, qui sont les propriétaires des rôtisseries Duhamel?

A.-A. : On est sept copropriétaires, tous des membres de la famille. On en est à la troisième génération et on pense déjà à la quatrième!

C’est important pour vous le transfert intergénérationnel de l’entreprise?

A. : C’est très naturel surtout! On est nés alors que l’entreprise était en activité, et en restauration, les enfants mettent toujours la main à la pâte. À l’âge de dix ans, mon frère et moi, on préparait des salades de chou et nos enfants en ont préparé à leur tour.

A.-A. : Plusieurs sont allés faire des études et ont exploré d’autres domaines que la restauration, mais on est tous revenus dans les rôtisseries. Chacun a apporté des compétences personnelles et c’est bénéfique pour l’entreprise. 

 

Et vous êtes bien loin de la « shed » d’origine, combien de rôtisseries avez-vous à ce jour?

J. : On a trois succursales. Elles ont été acquises au fil du temps et toujours avec le souci d’offrir un bon service de livraison.

A.-A. : Nous avons une trentaine de voitures de livraison, d’ailleurs nous attendons notre nouvelle flotte de voitures électriques.
 

 

Vos poulets ne proviennent certainement plus d’en arrière de la maison, d’où viennent-ils maintenant?

A. : Pour le poulet, ce sont les mêmes fournisseurs depuis toujours, c’est Exceldor. C’est pratiquement la même chose pour le pepperoni de la pizza, ça fait trente-cinq ans qu’on se le procure chez Viau. On préfère toujours encourager les producteurs locaux, alors c’est Agropur qui nous fournit notre fromage.

Qu’est-ce qu’on retrouve sur votre menu?

A. : Ça fait soixante ans qu’on se spécialise dans le poulet rôti, mais on fait aussi de la pizza depuis plus de cinquante ans. 

J. : Lorsque la pizzeria est née, le restaurant possédait même deux noms différents : Granby BBQ et Granby pizzeria.


Avec le temps, est-ce qu’on se tanne de manger du Duhamel?

A.-A. : Non, pas du tout!

A. : On ne se tanne pas parce que nos plats sont bien équilibrés, rien ne domine dans nos assiettes, alors c’est facile d’en manger deux jours de suite.

 

A.-A. : Les frites ne sont pas grasses, le fromage n’est pas dégoulinant, alors on n’a pas l’impression que c’est lourd. Notre sauce barbecue est aussi une grande force, car contrairement à beaucoup d’autres, elle n’a pas un fond de tomate qui a souvent un goût trop puissant.

J. : On va vous préparer nos spécialités, une assiette de poulet rôti, une pizza toute garnie et une autre végétarienne, vous pourrez personnellement nous dire si on peut se tanner ou non d’en manger!

Il m’était impossible de refuser une telle offre, alors je me suis attablée devant ces trois plats appétissants. La peau du poulet était croustillante et bien épicée, la salade de chou craquait sous la dent et la sauce était telle qu’Andrée-Anne l’avait décrite un peu plus tôt. Quant à la pizza, j’ai eu un coup de coeur pour la végétarienne et ses nombreux légumes tranchés finement qui faisaient en sorte que la pizza n’était pas détrempée. Et quelle pâte! Moelleuse à souhait! J’aurais voulu avoir un plus gros estomac à cet instant. C’est en remerciant mes hôtes et en demandant un « doggy bag » que j’ai quitté ce restaurant où bien manger est une affaire de famille.