Texte et photos : Maryse Deraîche

Quoi de mieux que de prendre la route par un beau samedi matin d’hiver pour se rendre dans une municipalité jamais visitée? Me voilà en direction de Varennes en Montérégie pour aller à la rencontre de Sylvie Choquet et Michel Beauchamp, les propriétaires de Chez Tante Azélie. Rendez-vous sur le bord du fleuve Saint-Laurent pour tout savoir de cette entreprise familiale.

COMME CHEZ MAMAN!

En entrant dans le commerce de plats cuisinés, je suis chaleureusement accueillie par la propriétaire des lieux, Sylvie Choquet. Vêtue d’un tablier enfariné et d’un chapeau de cuisine, elle me serre la main en m’invitant à m’asseoir dans la salle à manger, car Chez Tante Azélie on peut manger sur place à l’heure du lunch. Les nappes imprimées de coqs me rappellent la cuisine de ma belle-mère et l’immense poinsettia posé sur la vieille huche à pain me rend nostalgique des Noëls fêtés chez ma tante Nicole. 

Comme nous nous assoyons, Michel Beauchamp, le conjoint de Sylvie, sort de la cuisine en s’essuyant les mains sur son tablier pour se présenter. L’atmosphère est si chaleureuse, et ce couple, si sympathique, que j’ai juste envie d’une pointe de tarte avec un verre de lait!

L’ HISTOIRE DE CHEZ TANTE AZÉLIE

En discutant avec Sylvie, j’apprends que le nom d’Azélie vient d’une histoire de famille. « Azélie, c’était une grand-tante du côté de mon père, et ma soeur Anne, avec qui j’ai démarré l’entreprise, lui ressemblait, nous avons donc décidé de nommer l’endroit ainsi. »

Je remarque deux photos anciennes, et Sylvie me confirme que ce sont les portraits de sa grand-tante Azélie et de son grand-oncle Télesphore. Une sorte d’hommage à la cuisine d’antan : il y a même un ketchup qui porte le nom de Télesphore!

C’est en 1993 que Sylvie et Anne ont créé l’entreprise. Devant le succès d’un souper bénévole organisé pour les gens seuls, elles ont réalisé qu’il y avait un besoin. Chez Tante Azélie en a découlé. En 2006, Anne a quitté l’entreprise, et Michel a embarqué dans l’aventure. 


ON MANGE QUOI, CHEZ TANTE AZÉLIE?

C’est intéressant d’en apprendre plus sur l’histoire du commerce, mais je suis quelque peu distraite parla bouffe, ça sent trop bon!

Je fais le tour et je regarde ce qu’on trouve dans les congélateurs, les réfrigérateurs et le comptoir de desserts : des pâtés au poulet, des tourtières, des ragoûts de boulettes, des tartes au sucre, des confitures, des marinades... Il y a de quoi se faire tout un festin!

En vingt-six ans d’activité, Sylvie a offert plus de cent plats différents à sa clientèle, et ce, en répondant à des demandes variées. 

« J’ai des clients âgés qui ont besoin de manger dessalé et dégraissé, des parents monoparentaux qui veulent nourrir leurs enfants, des personnes ayant des intolérances alimentaires... Je dois essayer de répondre à toutes les demandes, je fais attention à mon monde, je suis une bonne fille! »

UNE CUISINE MAISON

Sylvie a grandi en campagne, entourée d’animaux et de grands jardins, où on cuisinait. Pour elle, c’est naturel de tout faire maison et de transmettre cela à ses fils.

« Mes fils ont vingt-six et vingt-huit ans et je crois qu’ils n’ont jamais eu une bouteille de ketchup dans leur réfrigérateur. Ils mangent leur pâté chinois avec du ketchup maison, parce qu’ils ont toujours mangé ça. »

En questionnant Sylvie sur la provenance de ses aliments, j’apprends qu’il y a deux ans, elle a eu l’idée de faire un jardin pour pouvoir cuisiner ses propres légumes.

Je crois qu’il est impossible de faire plus « maison » que cela! Michel s’amuse même à dire que les seules choses qui ne sont pas cuisinées Chez Tante Azélie, ce sont les biscuits soda et les biscuits pour le thé.

Sylvie me raconte que c’est beaucoup de travail, mais que ça respecte sa vision, sa façon de faire. 

« Quand c’est le temps des fraises, je vais chez mon maraîcher, j’achète cinquante crates de fraises, on les équeute et on les congèle afin d’en avoir toute l’année pour nos tartes et nos confitures. »

Parlant de tarte, il y en a une qui me fait de l’oeil, elle me semble être aux bleuets, mais à autre chose aussi... Sylvie confirme que c’est une tarte au sucre et aux bleuets et m’en offre une pointe avec un verre de lait; je ne peux pas refuser!

Comment décrire cette tarte? Comme celle de votre grand-mère, j’en suis persuadée! Cela ne goûte pas seulement les bleuets de la fin de l’été et la garniture de sucre caramélisé, ça goûte le bon vieux temps, et en ce samedi matin glacial, rien ne réconforte mieux que cela!
Fidèle à ses convictions et à la tradition familiale, Sylvie me fait un doggy bag avant mon départ. On dirait presque un sac de provisions comme une mère en fait à son enfant « descendu » pour le week-end et qui retourne étudier dans une autre ville. Je repars avec un cipâte, une tourtière du Lac-Saint-Jean, des betteraves marinées, un repas de boeuf bourguignon et le reste de la tarte!

Il y a Chez Tante Azélie un couple de cuisiniers passionnés, d’une grande générosité, à l’écoute des gens et de la nature. Ils m’ont séduite, et c’est très bientôt que je repasserai par Varennes pour manger une pointe de tarte et piquer une jasette avec Sylvie et Michel!