C’est en salivant que j’ai pris l’autoroute 10 pour faire les 150 kilomètres qui me séparaient de la microbrasserie Siboire. Arrivée à la succursale Jacques-Cartier, aux abords du Lac-des-Nations, j’ai été impressionnée par l’immensité de l’endroit : un vaste stationnement, un énorme bâtiment vitré de deux étages et de la verdure partout autour! En entrant, j’ai aperçu un homme qui discutait avec tout le monde, qui était sollicité par tout un chacun, et je me suis dit que c’était sûrement la personne que je venais rencontrer. Effectivement, c’était Pierre-Olivier Boily, un des copropriétaires de l’endroit! Nous avons fait connaissance, puis je me suis installée avec mon carnet de notes afin d’en savoir un peu plus...

DU LAC À L'ESTRIE

Pierre-Olivier Boily et Jonathan Gaudreault, de vieux amis originaires du Lac-Saint-Jean, ne se destinaient pas au brassage de la bière. Alors que Pierre-Oliver étudiait en administration des affaires, Jonathan faisait sa médecine. Mais les deux amis et colocataires étaient amateurs de bière : « On vient du Lac-Saint-Jean, alors de la bière, on a commencé à en boire de bonne heure », m’a confié Pierre-Olivier, amusé. Une question leur a donc traversé l’esprit : pourquoi ne pas en brasser nousmêmes? Ils ont alors transformé le sous-sol de leur maison en mini-microbrasserie et ils se sont initiés au monde brassicole.

L’OUVERTURE DE SIBOIRE

Cette passion est devenue telle, que le projet de démarrer leur propre entreprise s’est imposé par lui-même. Avec l’aide de Carl Grenier, un autre ami robervalois, ils ont ouvert la première succursale Siboire dans une ancienne gare de train située au centre-ville de Sherbrooke. L’endroit est pittoresque : un plafond vertigineux, un look industriel, un bar imposant... Le succès fut instantané! Clairement, les Estriens étaient ravis de déguster les bières de Pierre-Olivier et de Jonathan, et cela dure depuis maintenant dix ans.

UN SUCCÈS QUI REQUIERT DE L'ESPACE

Il y a un peu plus de trois ans, les brasseurs chevronnés se sont vus dans l’obligation d’ouvrir une deuxième succursale. « Siboire Jacques-Cartier fut ouverte pour augmenter notre capacité de brassage », m’explique Pierre-Olivier. À ce jour, 30 % de la production est réalisée à la succursale Dépôt, alors que les 70 % restants se brassent à la succursale Jacques-Cartier.

 

LE DÉPANNEUR

Pierre-Olivier et Jonathan n’ont pas l’intention d’embouteiller et de distribuer leur bière, mais ils ont ouvert un « dépanneur » au sous-sol de la succursale Jacques-Cartier. Les clients s’y rendent pour remplir des cruchons réutilisables et ainsi, ils peuvent faire la fête à la maison avec de la bonne bière locale.

 

ON BOIT!

Après avoir visité la salle des impressionnants bassins de brassage, le dépanneur et les recoins de la succursale Jacques-Cartier, je voulais savoir pourquoi les gens aimaient tant la microbrasserie Siboire. J’ai demandé à Pierre-Olivier quelles étaient les bières les plus appréciées des clients afin d’orienter mon choix. « La Trip d’automne est beaucoup commandée ces temps-ci, la Capricieuse aussi. Il y a la Raison merveilleuse qui marche fort le midi, mais la Quaker stout est aussi très en demande ». Après qu’il m’ait nommé presque toutes les bières de son menu, je lui ai demandé, en riant, lesquelles étaient ses préférées. Voici ce que j’ai commandé : l’Inspiration, une IPA ayant un bon taux d’amertume, la Trip d’automne, une triple Belge avec beaucoup de corps et la Raison merveilleuse, une Session Belgian IPA légère et désaltérante, parfaite après une randonnée de vélo, selon Pierre-Olivier.

 

ET ON MANGE!

En choisissant mes bières, j’ai remarqué que la carte était très garnie : « C’est ici que le menu est le plus élaboré », me répond Pierre-Olivier. Les deux succursales ont des vocations différentes : au Siboire Dépôt, on trouve un style pub avec une clientèle diversifiée, où l’on fait la fête jusqu’aux petites heures, alors qu’au Siboire Jacques-Cartier, la vocation restaurant a pris beaucoup de place avec une clientèle corporative et des menus du jour.

« Chacun des établissements possède un plat vedette : ici, c’est la pizza et au Siboire Dépôt, c’est le fish and chips. Jonathan et moi sommes même allés suivre une formation à Londres afin de tout apprendre sur l’art de faire le fish and chips », mentionne Pierre-Olivier.

 

Il ne fallait pas m’en dire davantage pour titiller ma curiosité : après avoir remercié Pierre-Olivier de sa grande générosité, je me suis précipitée au Siboire Dépôt pour déguster ce fameux fish and chips. Divin!

La pâte est fine, croustillante et pas graisseuse; quant à la morue, elle est floconneuse et bien fraîche. Accompagné de frites juliennes dorées, d’une salade de chou bien vinaigrée et d’une sauce tartare très relevée, ce plat est digne des meilleurs pubs anglais de Londres. Bien sûr, j’en ai profité pour goûter à la Quaker stout. J’ai compris pourquoi on servait de la nourriture dans une microbrasserie : c’est pour avoir une bonne raison de prendre une p’tite frette!

MONTRÉAL

Il est clair que ces brasseurs passionnés ont le vent dans les voiles et c’est pour cette raison que l’on retrouve une toute nouvelle succursale Siboire sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal. La bonne bière estrienne est maintenant offerte dans le Mile-End, au grand bonheur des régionaux exilés! Et, en plus, ils y servent leur délicieux fish and chips!