Texte : Maryse Deraîche
Photos : Sébastien Rioux

Me revoilà sur l’autoroute 10, cette fois-ci direction Saint-Jean-sur-Richelieu. Il n’est que 10 heures du matin, mais je salive déjà à l’idée de découvrir la cuisine portugaise du restaurant Bastos. En tournant le coin, je me trouve sur la jolie rue Richelieu en bordure du canal de Chambly, bel endroit!

En pénétrant dans le restaurant, je suis immédiatement envahie par l’odeur de charbon de bois. La salle est peu éclairée et très colorée,il fait chaud et on s’y sent bien. Les coqs dessinés sur les murs et le collage d’assiettes en céramique me transportent instantanément au Portugal. 

 

Je suis aussitôt accueillie par Sophie Proulx, la propriétaire des lieux. Nous prenons place à côté de la cuisine afin d’échanger sur cette grande aventure qu’est la restauration.

Aux mains de Sophie depuis maintenant deux ans, le restaurant Bastos offre une cuisine spécialisée dans le poulet grillé à la portugaise, mais ce n’est pas tout! Elle m’explique qu’au début de son projet, elle souhaitait surtout offrir à sa clientèle des plats de poissons et de fruits de mer issus de la tradition culinaire maritime du Portugal, mais la région où elle se trouve n’est pas opportune à ce type de cuisine. Elle s’est alors creusé le coco et a trouvé une solution qui semble bien fonctionner : fusionner les deux spécialités et offrir un menu varié. Je suis bien curieuse de découvrir cette carte métissée...

ON MANGE QUOI?

Pour les amateurs de cuisine portugaise comme moi, la présence d’acras de morue et de calmars grillés sur le menu est réjouissante. Sophie me suggère d’opter pour l’assiette dégustation, suggestion que j’accepte sans hésitation. Pour accompagner ces délices de la mer, elle me sert un verre de son importation privée, le Sexy Alentejo, un vin rouge riche et intense, il affole mes papilles!

Quant à mon invité, il prend une version épicée et flyée du Bloody Caesar. Assaisonné d’épices piri-piri, entouré d’olives et couronné d’un généreux morceau de chorizo (que je lui volerai certainement), ce Bloody Caesar pique la langue et éveille les sens! Je profite de ce moment pour poser des questions sur les boissons offertes et j’apprends que le cellier du Bastos ne contient que des vins portugais. Sophie accorde de l’importance à chaque détail, elle souhaite que l’expérience soit le plus typique possible et cela doit se sentir dans ce que l’on boit également! À cet effet, elle a créé une sangria à base de Sumol, le célèbre soda portugais, et il est aussi possible de commander la Super Bock, une bière portugaise de type lager très désaltérante. Le dîner s’annonce plus que bien!

 

L’assiette arrive et les effluves de fruits de mer grillés sur le charbon de bois m’enivrent. Quel plaisir de découvrir toutes ces spécialités de la Méditerranée! Je ne peux m’empêcher de planter ma fourchette dans la fameuse croquette de morue. La farce est crémeuse et la panure pas trop épaisse, j’en suis ravie! Et quelle surprise d’apercevoir un calmar entier dans l’assiette, lui qui est plus souvent servi en grosses rondelles. Cela me plaît, ça me donne l’impression d’être au Portugal où l’on mange simplement et où l’importance est axée sur la qualité du produit. Ce calmar charnu est fondant, juteux et très agréable en bouche, pas du tout caoutchouteux!

 

Mon invité s’attaque à la brochette de crevettes grillées et je m’empresse de faire comme lui. Grillées, simples, pas trop assaisonnées… 

 

Pour les relever quelque peu, je tente la fameuse sauce piri-piri qui est présente sur toutes les tables. Un peu plus tôt, lorsque j’ai demandé à Sophie quel était le secret du succès de Bastos, elle m’a répondu : « C’est simple, c’est la sauce piri-piri de mon mari. » Celui

qui a donné son nom au restaurant, Filipe Bastos, est d’origine portugaise et pas du tout cuisinier! « Il n’a jamais vraiment été attiré par la cuisine, mais un jour il s’est amusé à concocter une sauce avec ses connaissances de la cuisine portugaise et il a créé un vrai chef-d’oeuvre! », nous confie Sophie avec un sourire en coin. Eh bien, je ne peux que lui lever mon chapeau, car sa sauce est succulente.

Ce serait péché de ne pas parler de la pieuvre grillée! Le tentacule n’a rien de rebutant, bien au contraire, il est épicé et c’est l’aliment qui a le plus absorbé les saveurs du charbon dans l’assiette. Sublime! Et, bien sûr, j’ai volé un bout de chorizo à mon invité : je ne suis pas déçue.

On n’a malheureusement plus faim pour un dessert (même s’il y a des pastéis de Nata sur la carte), signe que l’assiette était généreuse. Bastos est un restaurant dont la carte est diversifiée, ce qui en fait un restaurant où l’on peut manger un poulet grillé le midi avec une bière froide et un plateau de fruits de mer accompagné d’un bon vin portugais en soirée. Cette Québécoise s’est inspirée de ses connaissances d’ici et de celles de son mari de làbas pour en faire un endroit qui plaît à tous. Un hybride réussi!