« La Principale » à Granby, c’est le royaume des enseignes en néon sorties tout droit des années 50. Nostalgique à souhait, la rue constitue un véritable retour dans le temps. Parmi les enseignes les plus rétros, on y retrouve celle de Ben on s’bour la bedaine, un énorme néon installé en 1972 pour la modique somme de 6 700 piasses. Cette cantine est des plus réputées à travers la province pour sa poutine, certes, mais surtout pour la belle fraternité qui règne dans le bâtiment. Comme si vous alliez dîner chez votre « Mononcle Michel ». Parce que chez Ben, on ne dit pas bienvenue, mais plutôt benvenu!
Un arrêt, le temps d’une petite graisseuse dans ce resto mythique.
12 h 15
Une dizaine de personnes s’alignent devant moi, je dirais une trentaine même. L’intérieur me rappelle les « diner » américains que j’ai vu dans les films ou leurs reproductions que j’ai fréquentées à Virginia Beach et L.A. Des grandes banquettes rouges et des tables en mélamine, simples, mais impeccables. Un cachet très année 50. Rien de moins, c’est d’ailleurs ce que j’apprends en lisant l’article de journal accroché sur le babillard à l’entrée. 60 ans d’existence! Wow! Les serveurs portent des chemises blanches, lignées rouge avec un petit chapeau de style cuisinier, c’est pas mal cute!
12 h 18
« Florence! Ta commande est prête! Un Bouche-trou, un Bourre-bedaine, une guédille , une petite frite pis un petit coke. » Laissez-moi vous dire que j’étais gênée d’aller récupérer ma commande, j’avais l’air d’une grosse cochonne en voulant essayer tout ce qui avait sur le menu! Pour les non-initiés à la cantine Ben, cette idée d’appeler les gens par leur prénom est quelque peu déstabilisante, mais ô combien réconfortante. On a envie de répondre « Merci mononcle Michel ». Pour ce qui est des noms originaux, on s’y fait rapidement, car c’est ce qui compose le menu de la cantine depuis les années 1980. D’une originalité hors du commun, lancée par son fondateur, Ben Dubé.
12 h 45
Après avoir englouti mon repas et pris le temps de regarder bien attentivement les reliques de hockey qui ornent les murs de chez Ben, je me dirige vers l’extérieur avec nostalgie, en m’imaginant conduire une vieille Firebird rouge décapotable et portant mon jeans taille haute trop serré pour moi. Du revers de la main, je salue les serveuses en patins. Une serveuse s’élance vers ma voiture pour m’informer que j’ai oublié mon milk shake aux fraises. Pareil comme dans les films!
Dictionnaire des terminologies
- GUÉDILLE, nom féminin (1980), à la manière d’un hot dog, sandwich composé de pain, de choux râpé et de patates frites. Accompagné parfaitement par de la moutarde de baseball.
- BOURRE-BEDAINE, nom masculin (1980), issu du burger simple traditionnel, le Bourre-Bedaine est plutôt composé de trois façades de pain et de 3 boulettes de steaks haché. Un burger double pour les plus gourmands garni de tomates en tranches et d’une tranche de fromage jaune.
- BOUCHE-TROU, nom masculin (1980), à la manière d’un hot dog, la saucisse est plutôt remplacée par un mélange de steak haché avec oignon. Ajoutez-y 2 frites. Délicieux à souhait, doit être attaqué armé d’un essuie-tout.









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