Texte : Maryse Deraîche

Tenant aujourd’hui les rênes de l’entreprise Le Monde du Ravioli, Vadim Gamsaragan est né en Turquie d’une mère italienne et d’un père arménien. Arrivé au Canada en bas âge, il a grandi au sein d’une mixité culturelle qui lui permet aujourd’hui de comprendre l’origine des recettes que son père a créées lorsqu’il a démarré l’entreprise, il y a de cela trente-huit ans. Découvrons comment cette famille a su se tailler une place dans l’industrie de la pâte alimentaire!

Vadim, quel est votre rôle au sein de l’entreprise?

Je suis directeur général, et mon cousin, Erman Mercimekoglu, est vice-président aux opérations. 

On peut dire que Le Monde du Ravioli est une entreprise familiale, n’est-ce pas?

Tout à fait! C’est mon père, mon grand-père, ma mère et mon oncle qui ont créé l’entreprise en 1983 après une tentative infructueuse dans l’univers de la restauration.

Ils étaient propriétaires d’un restaurant?

Oui! Ils ont acquis un petit restaurant situé dans un centre commercial à Brossard qui ne remportait pas un franc succès, disons. Après un incendie qui a créé des dommages à leur établissement, ils ont décidé de faire quelque chose qui était plus dans leurs
cordes : des pâtes!

Pardonnez mon jeu de mots, mais ils ont su renaître de leurs cendres!

Ha, ha! Oui en effet! Malgré le fait que le monde de la pâte alimentaire soit concurrentiel, ils ont su se faire une belle clientèle.

Quel était leur secret selon vous?

Il y a deux raisons à cela selon moi : le fait que ma mère faisait un travail de démarchage incroyable, c’était une excellente directrice des ventes. Aussi, le fait que mon père, qui était le créateur des recettes, avait une vision différente des pâtes alimentaires. Son origine arménienne lui conférait des atouts culinaires d’influence méditerranéenne. Alors qu’on était surtout habitué au traditionnel « tomate, basilic, parmesan » de l’Italie, mon père est arrivé avec des idées innovantes qui amalgamaient des aliments différents : du fromage de chèvre, du canard, de la courge, de l’encre de seiche, des haricots rouges... Les produits ont été un peu boudés au début, car la nouveauté fait toujours peur, mais aujourd’hui, les plus grands s’inspirent de nos recettes.

 

Vous avez combien de produits différents?

Nous offrons plus de deux cents produits aux hôtels, restaurants et institutions, et environ une quarantaine au détail. Nous avons une belle diversité de produits.

Quel est le produit le plus aimé?

Les cannellonis et les manicottis sont nos plus gros vendeurs. Nous recevons beaucoup de bons commentaires concernant ces produits.

Qu’est-ce qui explique cela selon vous?

Ils sont garnis et les saveurs sont bien présentes en bouche. On goûte beaucoup la farce, elle ne s’efface pas dans la sauce. Les rotolos sont aussi très populaires à cause des textures et des parfums proposés, ainsi que leur apparence qui fait penser à
des lasagnes montées individuellement et placées à la verticale. C’est un plat esthétiquement intéressant à présenter à ses invités.

C’est important pour vous de faire un produit bien garni avec des saveurs développées?

Absolument! Lorsque mon cousin et moi avons repris l’entreprise, nous nous sommes promis de conserver les recettes originales de notre famille et de ne pas utiliser de produits transformés afin de réaliser plus de profits. Il n’y a pas de substitut de protéines, de colorants alimentaires ou de farine de moindre qualité dans nos produits; nos recettes sont telles que ma famille les a conçues il y a de cela trente-huit ans.

Quels sont vos plans d’avenir?

Avant tout, nous voulons demeurer une entreprise familiale et respecter nos valeurs culinaires. Nous souhaitons aussi croître, nous faire connaître des provinces adjacentes, comme les Maritimes et d’ici cinq ans, nous aimerions que la distribution se fasse entièrement par des distributeurs alimentaires. En résumé, mon cousin et moi voyons grand, mais nous souhaitons rester fidèles à l’esprit initial de l’entreprise pour laquelle ma mère, mon père et mon grand-père ont travaillé durement, alors nous serons patients, nous travaillerons aussi fort qu’eux
et nous ferons les choses comme il se doit!