Texte : Vicky Beaudoin, t. dt., t.n.

L’eau d’érable a été découverte par les Amérindiens bien avant l’arrivée des Français sur le territoire. Certaines légendes racontent qu’une sage-femme amérindienne aurait percé le tronc d’un érable avec son tomahawk et s’aperçue que de l’eau s’en écoulait. Constatant que cette substance était sucrée, elle en ajouta dans ses potions aux vertus énergisantes. Malgré toutes ces histoires, il est difficile de connaître avec exactitude l’origine de cette tradition, car chaque peuple possède leur propre récit. Une chose est certaine, cette délicieuse découverte est savourée encore aujourd’hui.

Au 17e et 18e siècle, le temps des sucres était devenu une coutume pour les colons français. Lorsque la fin de l’hiver arrivait, ils enfilaient leurs raquettes et allaient entailler les érables dans les bois. Des embouts de cèdre étaient utilisés pour fabriquer les chalumeaux et l’eau était recueillie dans des chaudières fabriquées avec des écorces de bouleaux ou de la terre cuite. Au 18e siècle, on retrouvait du sucre d’érable sur toutes les tables des familles québécoises. Chaque printemps, on transformait des tonnes de sirop en sucre que l’on entreposait dans des cabanes à sucre pour suffirent à la population jusqu’à la prochaine saison.

Aujourd’hui, le Québec fabrique plus de 70% de la production mondiale de sirop d’érable. Les progrès technologiques pour recueillir et transformer le produit n’ont qu’évolué depuis quelques années. Plusieurs érablières sont maintenant équipées de tubulures qui acheminent l’eau d’érable et qui, par un principe d’osmose, permettent l’évaporation d’une partie celle-ci avant de la faire bouillir. Ainsi, les acériculteurs sauvent beaucoup de temps et d’argent.

Un phénomène à la fois stupéfiant et succulent !

Seul l’érable à sucre produit le liquide sucré que nous consommons. Cet arbre transforme l’amidon en sucre au moment de sa croissance. Ce dernier confère un goût sucré à l’eau absorbée par les racines. Lorsque les températures se réchauffent à la fin de l’hiver, l’eau sucrée contenue dans les racines et le tronc prend de l’expansion et crée une pression à l’intérieur de l’érable. L’alternance entre le gel de la nuit et la chaleur du jour entretient l’élévation de la pression et favorise l’écoulement de l’eau.

Bon, mais précieux

Saviez-vous qu’il faut environ 40 litres de sève pour produire 1 litre de sirop? Voilà pourquoi les produits de l’érable sont si coûteux. Pour économiser, il est préférable d’acheter votre sirop directement chez le fabricant plutôt qu’à l’épicerie. De plus, méfiez-vous des produits à saveur ou arôme d’érable, car ils ne contiennent habituellement pas de sirop d’érable.

Sucré et nutritif est-ce possible ?

Bien que le sirop d’érable contienne beaucoup de sucre, il demeure l’un des agents sucrants à privilégier pour sa qualité nutritionnelle. En effet, 60 ml de sirop comble 100% de votre apport quotidien en manganèse. Il est une excellente source de riboflavine et une bonne source de zinc. Il renferme également du magnésium, du calcium et du potassium.

Des études publiées en 2006 ont démontré que cet aliment a des propriétés antioxydantes et antimutagènes. Ces effets varient au cours de la saison d’écoulement. Les composés phénoliques qui sont responsables de l’activité antioxydante seraient maximales à la mi-saison. Ces bénéfices sont comparables à une portion de tomate comblant ainsi de 10 à 38% de nos besoins journaliers. Il est donc possible de joindre l’utile à l’agréable sans trop faire de compromis.